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Le Gibus ferme définivement  fin d'une légende LGBT de la nuit parisienne

Le Gibus ferme définivement fin d'une légende LGBT de la nuit parisienne

Le Gibus ferme ses portes : la fin d'une légende de la nuit parisienne

Le 31 juillet 2026 marquera la fin d'une époque pour la scène nocturne parisienne. Le Gibus, club mythique du 11e arrondissement situé rue du Faubourg-du-Temple, fermera définitivement ses portes après près de 60 ans d'existence. L'annonce, faite le 30 avril dernier par Jean-François Meneboo, directeur de l'établissement depuis douze ans, a provoqué une onde de choc dans la communauté LGBT et parmi les amateurs de musique électronique de la capitale.

Une histoire riche de six décennies

Niché dans les sous-sols d'un passage couvert, le Gibus a accueilli sur sa scène des artistes légendaires de tous horizons musicaux. Des groupes de rock comme Téléphone et Police, des figures majeures de l'électro comme Justice, ou encore des pionniers du hip-hop français comme NTM ont foulé cette piste mythique capable d'accueillir près de 900 personnes. Cette polyvalence a fait du club un lieu incontournable du paysage culturel parisien pendant des décennies.

Depuis 2014, l'établissement avait opéré un virage majeur en devenant une référence pour les soirées destinées à la communauté LGBTQIA+. Un positionnement qui en a fait bien plus qu'un simple club : une véritable maison, un espace de liberté et de rencontre pour toute une génération.

Les raisons d'une fermeture annoncée

Jean-François Meneboo, 53 ans, évoque plusieurs facteurs qui ont conduit à cette décision difficile. D'abord, une lassitude personnelle après avoir organisé plusieurs centaines de soirées par an à Paris. « J'ai juste décidé d'arrêter, car j'en avais marre. À 53 ans, j'ai envie d'en faire moins », confie-t-il au Parisien.

Mais au-delà de la fatigue, ce sont surtout des raisons économiques et structurelles qui expliquent cette fermeture :

  • Des charges d'exploitation particulièrement élevées qui ont pesé sur la viabilité du club
  • Des tensions récurrentes avec le voisinage liées aux nuisances sonores
  • Une baisse significative de la fréquentation
  • L'impact durable de la pandémie de Covid-19, avec ses confinements et couvre-feux
  • Plusieurs mois de fermeture administrative pour des travaux de sécurité

Un changement profond des pratiques festives

Le directeur pointe également une transformation majeure des habitudes de sortie, particulièrement au sein de la communauté LGBT. « Dans le milieu LGBT, il y a de plus en plus de clients qui ne viennent plus, car ils préfèrent des soirées à domicile où ils pratiquent le chemsex, assure Meneboo. On n'en parle pas assez, pas seulement pour des raisons économiques, mais parce que c'est une question de santé publique. »

Cette évolution reflète un phénomène plus large qui touche l'ensemble du secteur de la vie nocturne. Les clubs traditionnels peinent à rivaliser avec les soirées privées, remettant en question leur modèle économique classique.

Un contexte difficile pour les lieux LGBTQIA+

La fermeture du Gibus s'inscrit dans un contexte préoccupant pour les espaces dédiés à la communauté LGBTQIA+ à Paris. Quelques mois avant cette annonce, plusieurs bars gays du Marais avaient organisé des mises en scène de fausses fermetures pour alerter sur leur disparition progressive. Les craintes exprimées alors semblent malheureusement se confirmer.

Sur les réseaux sociaux, les réactions des habitués témoignent de leur désarroi. « Mais où va-t-on aller maintenant ? », s'interrogent certains, soulignant le vide que laissera la fermeture de ce lieu emblématique.

Trois derniers mois de fête

Malgré la tristesse de cette annonce, Jean-François Meneboo souhaite conclure cette aventure sur une note positive. « Il nous reste trois mois pour écrire la fin comme il se doit », affirme-t-il. Les réservations pour le week-end du 1er mai s'annoncent déjà massives, preuve de l'attachement du public à ce lieu unique.

Dans son message d'adieu publié sur les réseaux sociaux, la direction a tenu à remercier tous ceux qui ont fait vivre le Gibus : « Merci à tous les artistes, collectifs et soirées qui ont fait vivre ce club, qui l'ont transformé nuit après nuit en un espace de liberté, de fête et de création. Merci à toutes les équipes, au personnel de l'ombre comme de la lumière, qui ont travaillé sans relâche pour faire briller le Gibus. »

Le message se termine par un hommage au public : « Et surtout, merci à vous. Vous qui avez rempli ce lieu de vos énergies, de vos histoires, de vos rencontres. Vous qui en avez fait bien plus qu'un club : une maison, une safe place, un repère. Parce qu'un lieu, ce sont des murs, mais surtout des souvenirs. »

Une réouverture prévue à l'automne

Après la dernière soirée du 31 juillet, le Gibus ne disparaîtra pas complètement. Des travaux de rénovation sont prévus durant plusieurs mois, et une réouverture est programmée pour l'automne. Mais attention : le lieu changera radicalement d'orientation. Selon le magazine spécialisé Strobo, l'établissement abandonnera son positionnement LGBT pour adopter un concept plus grand public.

Cette transformation marque la fin définitive d'une ère pour la communauté qui en avait fait son lieu de rassemblement privilégié depuis 2014. Un nouveau club de nature différente prendra la place, mais l'âme et l'esprit qui ont fait la légende du Gibus LGBT appartiendront désormais au passé.

La fermeture du Gibus représente un véritable coup dur pour la vie nocturne parisienne et particulièrement pour la communauté LGBTQIA+. Elle illustre les défis auxquels font face les établissements de nuit traditionnels dans un contexte économique difficile et face à l'évolution des pratiques festives. Reste maintenant à profiter des dernières semaines pour célébrer dignement ce lieu qui aura marqué plusieurs générations de fêtards parisiens.