Clean Bandit x Chlöe x Omah Lay - Company déja sur MixFeever
Clean Bandit : le retour aux sources d'un trio qui a révolutionné la pop électronique
Depuis plus d'une décennie, Clean Bandit impose son style unique dans le paysage électronique mondial. Ce trio britannique, composé de Grace Chatto au violoncelle et des frères Jack et Luke Patterson aux claviers et à la batterie, a réussi l'exploit de mélanger musique classique et beats électroniques pour créer des hits planétaires. Avec quatre singles numéro un au Royaume-Uni, un Grammy Award et plus de quatre milliards de streams, leur parcours force le respect. Mais derrière les paillettes se cache une histoire de résistance créative face aux pressions de l'industrie musicale.
Des débuts à Cambridge qui changent tout
L'histoire commence en 2008 à l'université de Cambridge, au Jesus College. Grace Chatto joue dans un quatuor à cordes dirigé par Neil Amin-Smith, tandis que Jack Patterson étudie l'architecture. Leur rencontre va donner naissance à un concept musical totalement novateur : Jack commence à créer des samples à partir des enregistrements du quatuor, posant les bases d'un son qui deviendra leur signature. Luke Patterson rejoint rapidement le projet à la batterie, et le chanteur original Love Ssega complète la formation avant de partir poursuivre un doctorat.
Le nom du groupe provient d'une traduction littérale d'une expression russe que Jack et Grace utilisaient pour surnommer un ami lorsqu'ils vivaient à Moscou. En 2011, Grace et Jack créent même leur propre société de production, Cleanfilm, pour réaliser leurs clips vidéo et garder un contrôle total sur leur image.
L'ascension fulgurante avec "Rather Be"
Les premiers pas sont timides. "A+E" sort en décembre 2012 et atteint péniblement la 100ème place des charts britanniques. "Mozart's House", réédité en mars 2013, fait un peu mieux avec une 17ème place. Mais c'est en 2014 que tout bascule. "Rather Be", en collaboration avec Jess Glynne, explose littéralement. Le morceau atteint la première place au Royaume-Uni et dans six autres pays, se classe dixième au Billboard Hot 100 américain, et remporte le Grammy Award du meilleur enregistrement dance en 2015.
Les chiffres donnent le vertige : plus de 1,13 million d'exemplaires vendus rien qu'au Royaume-Uni en 2014, et une certification 6 fois Platine en avril 2025 avec 3,6 millions de ventes. Le titre lance également la carrière de Jess Glynne et propulse Clean Bandit au sommet de l'industrie musicale.
Une formule gagnante qui dérange les maisons de disques
La pression d'Atlantic Records
Paradoxalement, c'est leur succès qui va créer les plus grandes tensions. Atlantic Records, leur label, commence à exercer une pression considérable pour qu'ils abandonnent leur son caractéristique. Grace Chatto raconte : "On nous a poussés à arrêter d'avoir des cordes dans notre musique". Jack Patterson ajoute : "On nous a dit d'arrêter de faire de la pop. On nous envoyait des playlists de musique dance sur Spotify en nous disant que seul Harry Styles pouvait se permettre de faire de la pop".
Le label invoque une raison simple : le trio, composé de personnes timides et discrètes, n'a pas de visage reconnaissable contrairement aux stars qui chantent sur leurs morceaux comme Demi Lovato, Ellie Goulding ou Charli XCX. La directive est claire : se tourner vers la musique de club et abandonner les violons.
Le doute et l'échec commercial
Face à ces demandes répétées, Clean Bandit commence à douter de ses instincts créatifs. "On a laissé faire parce qu'on se disait qu'on préférait sortir quelque chose plutôt que rien", confie Grace Chatto. Le groupe efface les violons, opte pour un son plus sombre influencé par la house. Résultat : depuis 2020, aucun de leurs morceaux n'atteint le top 10.
"Mais la musique ne ressemblait plus à notre musique. Nos fans le ressentaient. On le ressentait. Au final, on s'est dit : à quoi bon continuer ?", explique Grace. Le groupe négocie finalement une sortie à l'amiable d'Atlantic Records, conservant les droits sur toutes leurs chansons inédites.
Le renouveau créatif et l'indépendance retrouvée
Un nouveau départ chez Sony Music
Clean Bandit rejoint le label Sony Music B1/Ministry of Sound, dirigé par Wolfgang Boss, l'un de leurs premiers supporters dans les années 2010. Ce dernier les encourage à sortir "Cry Baby", une collaboration avec Anne-Marie et David Guetta qu'ils gardaient depuis quatre ans après qu'Atlantic l'ait rejetée. David Guetta révèle qu'Anne-Marie l'avait présenté au groupe et que la chanson avait nécessité quatre ans de travail.
Le morceau présente dès les premières mesures le son indéniable de Clean Bandit : Grace Chatto siffle un hook de western spaghetti sur des cordes majestueuses, avant qu'Anne-Marie ne délivre des paroles acerbes sur un petit ami infidèle. "Ça ressemble à un comeback", déclare Grace Chatto, soulagée.
Reprendre le contrôle créatif
Le groupe reprend également le contrôle de ses vidéos, qu'il n'avait pas réalisées lui-même depuis plusieurs années. Pour "Cry Baby", ils imaginent une histoire épique où Anne-Marie fuit son partenaire infidèle dans un train de luxe. Lorsque les sociétés de production estiment le coût à au moins 250 000 livres sterling, Grace décide de produire elle-même la vidéo pour la première fois.
Son père Ricky, menuisier qui a construit son premier violoncelle et qui travaille pour le métro londonien, construit une voiture-restaurant complète et un wagon-lit dans le studio du groupe à Finsbury Park. Cette approche DIY illustre parfaitement leur volonté de retrouver une authenticité créative.
L'avenir s'annonce prometteur
Clean Bandit dispose aujourd'hui de deux albums de matériel prêt à sortir, incluant des collaborations inédites avec Elton John et Raye. Le groupe a également élargi ses horizons en collaborant avec des artistes d'Amérique du Sud, de Jamaïque et d'Afrique lors de sessions spontanées en 2024. Leur nouveau single "Mar Azul", écrit avec le groupe pop colombien Piso 21, illustre cette nouvelle approche internationale.
En 2025, ils ont sorti l'EP "Believe" et le single "Tell Me Where U Go" avec Tiësto et Leony, marquant même le retour de Neil Amin-Smith au violon. Le groupe se concentre désormais sur la qualité plutôt que sur les exigences des algorithmes de streaming, espérant que leurs fans les suivront dans cette direction.
L'histoire de Clean Bandit est celle d'un groupe qui a refusé de sacrifier son identité artistique sur l'autel du succès commercial. Avec leur retour aux sources et leur liberté créative retrouvée, le trio britannique prouve qu'il est possible de rester fidèle à sa vision tout en continuant à innover. Leur parcours inspire une génération d'artistes électroniques qui cherchent à fusionner les genres sans compromis.

